La route

d'après l'oeuvre de Cormac McCarthy

Manu Larcenet

Dargaud

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Le pitch

L’apocalypse a eu lieu. Le monde est dévasté, couvert de cendres et de cadavres. Parmi les survivants, un père et son fils errent sur une route, poussant un caddie rempli d’objets hétéroclites, censés les aider dans leur voyage.

Sous la pluie, la neige et le froid, ils avancent vers les côtes du sud, la peur au ventre : des hordes de sauvages cannibales terrorisent ce qui reste de l’humanité. Survivront-ils à leur périple ?

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La route

Mon avis

Manu Larcenet est un des auteurs majeurs de la BD francophone des vingt dernières années.

Après une première phase consacrée à des strips très proche de l'esprit artistique de la BD belge à la Spirou (dont les séries Bill Baroud, Le retour à la terre, Le combat ordinaire), il change il y a quinze ans complément de style, tant sur la forme que sur le fond.

Depuis, il a marqué les esprits avec l'incroyable série Blast (4 tomes) et avec son adaptation du grand roman de Philippe Claudel, Le rapport de Brodeck (2 tomes).

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La route

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Deux œuvres marqués par un trait réaliste, très sombre, en noir et blanc, sur des thèmes terriblement anxiogènes.

[Les critiques de tous ces albums sont sur le site]

Et voilà qu'avec son adaptation en BD de La route, de Cormac McCarthy, il continue à tracer son chemin, dans la droite ligne de sa seconde période.

Vous n'avez lu le roman ? Alors je ne peux que vous en conseiller la lecture, car il s'agit pour moi (et pour beaucoup d'autres lecteurs) d'un des dix chefs-d'œuvre romanesques du XXI° siècle. Vous n'en sortirez pas indemne...

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La route

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Mais il n'est pas nécessaire de le lire pour vous lancer directement dans ce roman graphique de 160 pages qui se révèle si fidèle, tant dans l'esprit que dans la forme, au roman dont il s'inspire, qu'il en "aspire" en quelque sorte toute la puissance et le génie.

Je ne vous dirais pas beaucoup plus du scénario que le pitch vous dévoile.

L'histoire d'une errance dans ce qui est, au sens propre, la fin du monde.

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La route

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Une histoire absolument terrifiante que la mise en images de Manu Larcenet rend peut-être encore plus cauchemardesque, parce que l'auteur illustre de manière très concrète ce qui n'était, sous la plume de McCarthy, dans une écriture "blanche", que des descriptions.

Ici, lorsqu'on parle d'anthropophagie, on voit les corps dénudés, déchirés, découpés alors qu'ils sont parfois encore vivants et conscients.

Terrifiant.*

Côté illustration, Manu Larcenet reste presque complètement fidèle à son parti pris du noir et blanc, qui n'a jamais été plus justifié dans cette histoire puisque ce monde post apocalyptique est, littéralement, un monde en noir et blanc.

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La route

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Cependant, Larcenet varie très intelligemment cette "mise en couleurs" en utilisant un large dégradé de gris, 14 nuances de "gris colorés" qui permettent de créer autant d'ambiances différentes.

On sort de l'album, lu d'une traite, avec la gorge nouée. Et avec dans la tête, heureusement, cette infinitésimale lueur d'humanité qui existait aussi dans le roman.

Un album indispensable à acquérir, et à placer dans le haut de sa bibliothèque BD idéale.

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